Dans une lettre, datée du 18 juin 2025, adressée au Guide suprême de la révolution Iranienne, l’ayatollah Ali Khamenei, le Guide général par intérim des Frères musulmans, Salah Abdel Haq, annonce le « soutien total » de la Confrérie au régime iranien et lui propose une stratégie commune pour « rassembler les volontés » et « unifier les efforts » des mouvements islamistes.
Tout en se réjouissant de la « défaite » infligée à Israël le 7-Octobre, le leader des Frères musulmans considère que l’attaque israélienne contre l’Iran est « une nouvelle phase de l’agression contre la Palestine ».
Appelant à dépasser les clivages entre Sunnites et Chiites, au nom de la nécessaire « unité de l’oumma islamique » pour faire face à l’« ennemi commun » qui est « l’entité sioniste », le Guide des Frères musulmans suggère à son homologue iranien une « vision stratégique globale » ayant pour objectif de rassembler la volonté des « forces vives et actives » de « l’Oumma islamique », en « unifiant leurs efforts » pour faire face au « feu de l’occupation et de ses soutiens [qui] ne distingue ni nos origines ni nos écoles de pensée » et vise à « étendre l’agression à l’ensemble de l’environnement de la résistance, qu’il s’agisse d’un État central comme la République islamique d’Iran, ou du mouvement islamique [c’est à dire le Hamas], au cœur duquel se trouvent les Frères Musulmans ».
Je n’ai cessé depuis 30 ans à travers mes articles, livres et conférence de tenter d’alerter et de mettre en garde sur la dangerosité de l’Association des Frères Musulmans pour nos sociétés et encore plus pour les sociétés arabes et musulmanes que cette entité violente et réactionnaire a contribué à détruire ou à plonger dans le chaos (Soudan, Afghanistan, Somalie, Algérie, Tunisie, Irak, Syrie, Palestine, Libye, etc…).
Commandé par l’Elysée, lors d’un Conseil de défense spécial qui s’est tenu en janvier 2024, un rapport sur l’entrisme des Frères musulmans en France a été élaboré par les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Sous l’égide du diplomate Pascal Gouyette et du préfet François Courtade, un groupe de hauts fonctionnaires, missionné en avril 2024, s’est rendu dans 4 pays européens et 10 départements français, a auditionné plus de 200 personnes (services de renseignement, responsables de culte, chercheurs, élus, diplomates…), avant de remettre aux autorités, en juillet 2024, un rapport qui « met en évidence une menace grave, marquée par un double discours qui conjugue : entre soi, dissimulation et respect apparent des règles dans l’objectif de substituer à la communauté nationale de nouvelles formes d’allégeances en rupture avec la tradition républicaine », selon le ministère de l’Intérieur.
10 mois plus tard, le gouvernement – à qui le Président Macron a demandé de formuler « des propositions à la hauteur de la gravité des faits » – a décidé de rendre publique une ‘‘version expurgée’’ (afin de protéger les sources, comme il est d’usage lors de la levée du ‘‘Secret Défense’’ de tout document) de ce rapport qualifié d’« accablant » par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.
Extraits :
C’est l’histoire d’un homme qui s’est engagé dans le djihad à 21 ans, a croisé le fer avec le Grand satan occidental, durant deux décennies, pris le pouvoir par les armes, s’est fait ‘‘élire’’ président de la République, non pas par les urnes mais par la seule Bay’a (prestation d’allégeance) de ses disciples. Et le voici reçu avec les honneurs à l’Elysée et présenté comme un ‘‘modéré’’ ayant renoncé à la violence djihadiste, qui mènerait une transition démocratique dans son pays. Et ce alors même que ses disciples continuent à massacrer les minorités…
Le nouveau maître de Damas, Ahmed al-Charaa, alias Abou Mohamed al-Joulani, reçu avec les honneurs à l’Élysée ! Ainsi, la veille des commémorations du 80ème anniversaire de la capitulation du nazisme, Emmanuel Macron décide de faire de Paris la première capitale occidentale à ouvrir les bras à l’ancien chef djihadiste qui a pris le pouvoir, par les armes, après la fuite du dictateur syrien Bachar el-Assad, en décembre 2024.
Pour se donner des apparences de ‘‘modération’’, le nouveau Raïs renonce à son nom de guerre (Abou Mohamed al-Joulani), ôte le turban djihadiste pour arborer un treillis militaire, le temps de se faire passer pour le chef militaire de la ‘‘libération’’ [Tahrir], avant de se tailler la barbe à la mode frériste et s’afficher en costume-cravate, une fois intronisé ‘‘président de la république arabe syrienne’’, non pas par les unes mais par ‘‘prestation d’allégeance’’ (Bay’a) des différentes factions armées ayant pris part au soulèvement anti Assad, lors d’un ‘‘Congrès de la victoire’’ tenu à Damas, le 29 janvier 2025.
En recevant ce sulfureux personnage – alors même que les milices djihadistes de l’organisation qui l’a porté au pouvoir (‘‘Hay’at Tahrir al-Sham) multiplient les exactions contre les minorités alaouites, kurdes et druzes -, l’Elysée fait le choix de donner du crédit à la supercherie qui voudrait qu’après deux décennies d’activisme djihadisme (organisation al-Zarqaoui, Etat Islamique en Irak, al-Qaïda), al-Joulani se serait mué – en à peine six mois au pouvoir – en politicien ‘‘modéré’’, adepte de la démocratie, du pluralisme et de… l’inclusion !
Laurent Fabius doit se retourner dans son hospice, lui qui considérait en 2012 – il était, alors, ministre des Affaires étrangères – que ‘‘Jabhat al-Nusra’’ (la filiale syrienne d’al-Qaïda, fondée et dirigée par l’actuel président syrien) faisait ‘‘du bon boulot’’…
Qui est vraiment Ahmed al-Charaa, alias Abou Mohammed al-Joulani ? A-t-il renoncé au djihadisme ? Sa présidence sera-t-elle la ‘‘transition’’ d’un régime pluraliste ? Ou est-ce le prélude d’une nouvelle forme de despotisme qui substituera l’islamisme radical à l’autoritarisme baassiste ?
Portait en sept épisodes d’un véritable caméléon qui n’a eu de cesse, depuis deux décennies, de changer d’apparence comme d’appartenance idéologique…
Bien sûr, l’indépendance de la Justice. Et la séparation des pouvoirs, condition sine qua none de l’impartialité judiciaire. Le verdict rendu par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre de Marine Le Pen, le 31 mars dernier, dans l’Affaire des assistants parlementaires européens du Front national (ancêtre du Rassemblement national), découle de cette indispensable – et quelquefois déconcertante – indépendance des juges. En témoignent la stupeur et l’embarras que le verdict a jetés sur la classe politique… jusqu’au plus haut sommet de l’État !
Dix ans après l’attentat terroriste du 7 janvier 2015 contre la rédaction de Charlie Hebdo, un sondage montre que les Français sont plus que jamais attachés à la liberté d’expression, à la satire et aux dessins de presse. Ils sont désormais 76% à soutenir le droit à la caricature comme partie prenante du droit fondamental qu’est la liberté d’expression. Et 62% d’entre eux soutiennent le ‘‘droit au blasphème’’ et se disent favorables au droit de critiquer, même de manière outrageuse, les croyances, symboles ou dogmes religieux. Un triomphe posthume pour les martyrs de l’hebdomadaire satirique tombés sous les balles djihadistes des frères Kouachi.
Géopoliticien et essayiste, Frédéric Encel analyse les répercussions du nouveau choc qui secoue le Proche-Orient, après la chute du régime Assad en Syrie et la prise du pouvoir par une coalition islamiste menée par Abou Mohammed al-Joulani, ancienne figure de Daech et d’al-Qaïda…
La révolution est en marche à Damas. Une fois de plus, en terre arabe, l’Histoire bascule et le peuple syrien retient son souffle. Bachar el-Assad a fui le pays et les islamistes ont pris le pouvoir. Pour quels lendemains ? Les bataillons conduits par Abou Mohammed al-Joulani, ancien djihadiste de Daech puis d’al-Qaïda dont il aurait divorcé en 2016, remercient Allah depuis la Mosquée des Omeyyades, à Damas, scintillant symbole du sunnisme. Des images qui marqueront l’Histoire dont nul ne sait comment elle tournera.